Station d’Ecologie Forestière d’UPC

Du 10 au 13 juin 2024, La Cité du Genre, en filiation du BruLau, a organisé sa première école d’été sur le site de la Station d’Ecologie Forestière d’Université Paris Cité, à Fontainebleau. Retour sur cette expérience riche en échanges interdisciplinaires, qui a réuni chercheur·e·s et doctorant·e·s autour des enjeux contemporains des études de genre, dans un cadre propice à la formation et aux échanges scientifiques.

Affiche ecole d ete 2024

BruLau, édition Cité du Genre (région parisienne)

Le BruLau est l’école doctorale internationale francophone d’été en études genre, créée par le Centre d’Études Genre (CEG) de l’Université de Lausanne (UNIL) et la Structure de recherche interdisciplinaire sur le genre, l’égalité et la sexualité (STRIGES) de l’Université libre de Bruxelles (ULB). En 2024, la collaboration s’est élargie à la Cité du Genre (Université Paris Cité) et à l’Université Aix-Marseille.

S’adressant aux doctorant·e·s de toutes les disciplines souhaitant renforcer leur formation en études genre, le BruLau a offert quatre jours de formation interdisciplinaire, interactive et personnalisée avec des enseignant·e·s reconnu·e·s internationalement. Il a proposé un encadrement adapté tant aux doctorant·e·s au début de leur formation qu’à celles et ceux plus avancé·e·s dans leur démarche de recherche.

Format de l’école

Programme Ecole d ete 2024

L’école doctorale internationale francophone d’été en études genre BruLau, édition Cité du Genre est un espace de formation et d’échanges scientifiques pour les doctorant·e·s qui adoptent une perspective de genre dans leur travail. Les objectifs de l’école ont été les suivants :

  • Éprouver l’interdisciplinarité propre aux études sur le genre ;
  • Approfondir les connaissances et réflexions tant théoriques que méthodologiques en études genre ;
  • Échanger avec des chercheur·e·s plus expérimenté·e·s ;
  • Participer à un réseau de jeunes chercheur·e·s francophones à l’échelle internationale ;
  • Valoriser sa recherche dans le monde académique et au-delà.

Les activités se sont déclinées en quatre formats : des grandes conférences et tables rondes, des ateliers de recherche en genre, des séances de mentorat « en tête à tête » et des sessions professionnelles et méthodologiques.

Les grandes conférences ont donné la parole à des expert·e·s reconnu·e·s, autour de thématiques actuelles des études de genre francophones.

Les ateliers du genre ont été pensés comme le cœur de l’école doctorale. Ils ont été l’occasion pour chaque participant·e de bénéficier d’une discussion en profondeur d’un écrit remis préalablement. Chaque discussion, d’une durée de 45 minutes, s’est déroulée en petit groupe sous la direction d’un·e expert·e reconnu·e internationalement.

Les séances de mentorat quant à elles ont permis aux participant·e·s d’échanger en tête à tête avec les enseignant·e·s présent·e·s. Grâce à ces sessions de « speed dating », les participant·e·s ont pu échanger directement avec les intervenant·e·s, poser leurs questions et bénéficier d’un accompagnement sur mesure dans un format plus individualisé.

Enfin, les ateliers méthodologiques ont été l’occasion de discussions sur des thèmes d’intérêt général pour tout·e doctorant·e en études genre.

En dehors de ces temps de travail et d’échanges scientifiques, des activités sociales et culturelles ont été proposées aux participant·e·s de l’école d’été, afin de découvrir l’univers et le travail de plusieurs artistes.

L’équipe de la CDG composée de : Léa, Rebecca Rogers, Hélène Bourdeloie, Virginie Bonnot, Julie, Ethan, Elisa, Louna et Wenjing Guo.

Grandes conférences

1. Identités de genre et activités sportives en débat (mardi 11 juin 2024)

À la veille des jeux olympiques de Paris, cette conférence a interrogé la manière dont les recherches sur le genre se sont invitées dans l’espace sportif pour questionner les liens entre biologie et identité de genre. Comment les « contrôles de sexe » témoignent-ils de nouveaux rapports de domination dans les compétitions sportives. En quoi le muscle fabrique-t-il le sexe ? Comment les questions liées au « sexe biologique » et à la « différence de sexe » se sont inscrites dans les politiques sportives pour la promotion de l’égalit ?  En mobilisant les outils de la socio-histoire et de la sociologie, ces interventions invitent à penser la façon dont la recherche universitaire éclaire les politiques sportives et leurs effets sur les personnes concernées par ces débats.

Anaïs Bohuon (Faculté des Sciences du sport, Université Paris Saclay)

Madeleine Pape (Institut des sciences du sport, Université de Lausanne)

2. Violences de genre : les corps sous le regard médical (mercredi 12 juin 2024)

L’histoire de la sexualité comme l’histoire des corps a amplement révélé le rôle des médecins dans la fabrique de la « normalité » corporelle ou sexuelle. Dans cette conférence, l’histoire et la sociologie ont été convoquées pour évoquer la violence des rapports qui s’observe derrière l’apparente neutralité du regard médical. Quels enjeux sociopolitiques se cachent derrière l’élaboration de figures repoussoir – la nymphomane, le castrat, par exemple – par les discours médicaux ? Comment la « norme gynécologique » participe-t-elle aux violences gynécologiques, et quelles sont les conditions de possibilité de ces dernières ? En faisant dialoguer les disciplines, il est question de comprendre comment les violences de genre s’immiscent dans les relations et pratiques médicales d’une société donnée.

Nahema Hanafi (TEMOS, Université d’Angers)

Aurore Koechlin (Cetcopra, Université Paris I, Panthéon-Sorbonne)

3. Militantisme et stratégies de résistance : penser le lien entre recherches et société civile (jeudi 13 juin 2024)

Comment combiner engagement féministe dans la société civile avec une approche critique des sciences sociales ? Comment mobiliser les outils analytiques forgés à l’université pour contribuer aux débats dans la société ? Comment réagir aux critiques mobilisant une rhétorique anti-genre sans tomber dans la polémique ? Cette conférence a fait dialoguer philosophie et sociologie politique et a montré la diversité des modes de résistance tant en recherche qu’au sein des alliances établies avec la société civile.

Hourya Bentouhami (ERRAPHIS,  INSPE Université de Toulouse Jean Jaurès)

Alexandre Ana (Programme Marie Skłodowska-Curie, Université Libre de Bruxelles)

Ateliers méthodologiques

1 – Écritures et positionnements féministes dans le monde de la recherche

2 – Cisnormativité dans les études de genre : éclairages épistémologiques et éthiques des études trans

Clément Moreau, psychologue à Espace Santé Trans et Louve Zimmermann, coordinatrice en santé à Acceptess-T

3 – Publier dans une revue en études de genre

Clio, Femmes, Genre, Histoire ; Travail, Genre et Sociétés ; Sextant ; Nouvelles questions féministes …

Activités sociales et culturelles

Performance : Projet « The Bird » de Jules Ramage, en collaboration avec Gauche

Le projet The Bird s’inscrit dans la continuité du projet Faille(s), développé en 2022 pour dévoiler les logiques de réaffirmation du genre imposées par l’administration pénitentiaire aux femmes en détention. Dans le projet Faille(s), un groupe de travail constitué des femmes détenues et de chercheuses ont élaboré des cartes d’entraide pour exprimer leurs stratégies de soin/auto-soin et de résistance. Gauche, autrice et performeuse, est choisie comme « porte-parole » de ce groupe pour porter un témoignage à la fois individuel et collectif, profondément politique dans le projet The Bird. Filmée, elle performe anonymement son propre journal d’incarcération où elle a rassemblé les histoires de ses co-détenues et d’elle-même.

Quelques images du séjour

Pour en savoir plus sur les conditions d’inscription qui avaient été mises en place

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