La Chaire « Genre et prévention en santé », portée par la Cité du Genre, Institut interdisciplinaire de recherche et de formation en études de genre (inIdEx Université Paris Cité) en partenariat avec ECEVE (INSERM UMR1123), finance un contrat doctoral à l’Université Paris Cité, co-dirigé par Joëlle Kivits (Professeure de Sociologie, Laboratoire ECEVE, Faculté Santé) et Philippe Martin (Chercheur à l’INED, Laboratoire ECEVE, Faculté de Santé). Ce contrat doctoral sera inscrit à l’ED 393 Pierre Louis de Santé Publique et relèvera de la Faculté Santé. L’accent est mis sur l’outil d’analyse genre, promoteur de l’interdisciplinarité entre la santé publique et les sciences humaines et sociales.
Sujet de la thèse
Les outils numériques en prévention et promotion de la santé : comprendre les usages au prisme du genre et des inégalités sociales. Une approche interdisciplinaire et critique des applications en santé.
Rattachement de la doctorante ou du doctorant : Faculté Santé, Université Paris Cité
Laboratoire : INSERM UMR1123 – ECEVE (Évaluation et recherche en services et politiques en santé pour les populations vulnérables), 10 Avenue de Verdun – 75010 Paris
Ecole doctorale : ED 393 Pierre Louis de Sante Publique – Epidémiologie et de l’Information Biomédicale
Type de contrat : CDD / contrat doctoral de 36 mois ( 1er octobre 2025 – 30 septembre 2028)
Financement : Chaire « Genre et prévention en santé »
Rémunération : Environ 2200 €/mois net
Contexte
Les outils numériques, et plus spécifiquement, les applications mobiles (« applis »), sont désormais mobilisés dans nombre d’actions de prévention et de promotion de la santé. En France, les organismes en charge de la prévention recourent régulièrement aux applis comme moyens d’accéder à la population ciblée, afin d’informer, de sensibiliser, voire d’accompagner les personnes dans un changement de comportement. Ainsi, le Mois Sans Tabac, organisé par Santé Publique France, repose sur une appli de e-coaching mise en avant sur le site dédié. La communauté des chercheuses et de chercheurs en santé publique développent également des interventions de prévention et de promotion de la santé intégrant les outils numériques. Entre autres exemples, le laboratoire ECEVE mène actuellement une étude nationale sur le bien-être des 11-24 ans, Mentalo (https://etude-mentalo.fr/), étude à laquelle les jeunes peuvent participer grâce à une appli facilitant le recueil de données. Sur base de ces premiers résultats, une appli de coaching mental est en cours de développement, afin de prévenir la dégradation de la santé mentale des jeunes. Ces applis côtoient par ailleurs une abondante offre d’applis en lien avec la santé : alimentation, sport, grossesse…
Que ces applis répondent à un besoin de santé ou à une priorité de santé publique, qu’elles émanent d’initiatives publiques ou privées, qu’elles soient à visée de recherche, relèvent d’une offre de service public ou encore correspondent à un bien marchand, elles constituent un pilier important de l’espace médiatique en santé.
Alors que l’Organisation Mondiale de la Santé, dans sa stratégie globale 2020-25 sur la santé numérique, encourage le recours et le développement des technologies numériques au service de la santé, elle souligne aussi la nécessité d’un développement équitable et de disposer d’interventions numériques probantes visant l’amélioration de la santé. Evaluer l’impact de ces applis sur la santé représente un défi conceptuel et méthodologique.
Si le nombre d’abonnés, de « clics », de visionnages… peut être évalué, la quantification de l’utilisation ne laisse pas voir l’usage social de ces applis. D’une part, recourir aux applis et les utiliser, constitue une pratique sociale qui fait sens dans un environnement façonné par un réseau (familial, social, professionnel…), composé d’un ensemble de ressources (culturelles, économiques…). D’autre part, l’usage social de ces applis comprend l’appropriation de l’information santé qu’elles contiennent. Ces appropriations sont nécessairement situées, et de fait différenciées par un certain nombre de déterminants, dont le genre.
L’offre de contrat doctoral s’inscrit dans cette perspective évaluative des applis en santé, en mobilisant la notion d’usage social. Elle inscrit par ailleurs au cœur du questionnement, le genre tant comme médiateur de ces usages que comme déterminant de santé.
Objectif, orientation et attendus de la thèse
L’objectif de cette thèse est de fournir de nouveaux éléments de connaissances sur l’utilisation des applis en santé. Deux grandes orientations seront données à cette recherche doctorale :
1) Il s’agira d’explorer la question des usages au prisme du genre. Si le genre est entendu désormais comme déterminant la santé, dans ses diverses dimensions (biologiques, sociales, culturelles, politiques), il module également l’usage des médias, du recours à la technologie à l’appropriation de l’information.
2) Il s’agira également de repérer les risques d’inégalités que peuvent générer l’utilisation, volontaire ou incitée, des applis en santé. Au-delà de la seule question du genre, un éclairage des usages par les ressources (sociales, économiques, scolaires…) et les capacités devra être proposé.
Il est attendu de la candidate ou du candidat qu’il ou elle propose un travail de problématisation interdisciplinaire (santé publique, sociologie, information et communication) approfondi articulant les cadres conceptuels et méthodologiques suivants :
- Evaluations d’interventions complexes en santé
- Usages sociaux des outils numériques dans un cadre de santé
- Le « gender-transformative health promotion framework » comme nouveau cadre d’intégration du genre en promotion de la santé
Le protocole d’enquête (qualitatif ou mixte) sera travaillé en lien avec la problématisation.
En fin de thèse, des recommandations quant à la prise en compte des dimensions inégalités de santé et de genre dans le développement d’applis en santé.
CANDIDATURES
Date limite de candidature : 11 juillet 2025
A adresser à : Joëlle Kivits (joelle.kivits@u-paris.fr) et Philippe Martin (philippe.martin@inserm.fr)
Les auditions des candidat.es sélectionné.es auront lieu les 15 – 16 juillet 2025.
Modalités de dépôt : Le dossier de candidature sera soumis sous la forme d’un seul fichier pdf dont le nom respectera la structure suivante : NOM_Prénom_CD-Genre_UdeParis.pdf
Contenu du dossier :
- Une lettre de motivation
- Un CV détaillé
- Un relevé de notes de M1 et de M2
- Le projet de thèse de 3 pages maximum : contexte et positionnement par rapport à l’état de l’art ; objectif (et hypothèses le cas échéant) ; méthodologie ; calendrier ; références.
- Une attention particulière sera portée aux éléments du CV et de la lettre de motivation faisant ressortir un intérêt porté aux questions liées au genre et à la santé. Une à deux lettres de recommandations peuvent être incluses au dossier.
