Réseau interdisciplinaire de recherche et de formation en études de genre -

La parentalité à l’heure du numérique : Maternage intensif sur le web 2.0 et maintien des hiérarchies de genre et de classe

Responsable :
Catherine Verniers, Maîtresse de conférences en Psychologie Sociale, Université Paris Descartes, Laboratoire de Psychologie Sociale : Menaces et Société.

Coordonnées :
Institut de Psychologie, Laboratoire de Psychologie Sociale : Menaces et Société, Université Paris Descartes, 71 avenue Edouard Vaillant 92100 Boulogne-Billancourt. catherine.verniers@parisdescartes.fr.

Participantes au projet :

  • Yvette Assilamehou-Kunz, Maîtresse de conférences en Psychologie du langage et de la communication, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, Laboratoire Communication Information Médias – équipe Médias Cultures et Pratiques Numériques.
  • Sarah Lécossais, Maîtresse de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication, Université Paris 13, LabSIC – Laboratoire des Sciences de l’Information et de la Communication.
  • Virginie Bonnot, Maîtresse de conférences en Psychologie Sociale, Université Paris Descartes, Laboratoire de Psychologie Sociale : Menaces et Société.

Résumé :

Ce projet propose d’appréhender la question de la persistance des inégalités femmes-hommes au regard du travail domestique et parental, par l’intégration des perspectives de la psychologie sociale et des sciences de l’information et de la communication (SIC). Plus spécifiquement, ce projet s’inscrit dans le cadre théorique de la justification du système (Jost & Banaji, 1994) dont un objet d’étude est l’utilisation des idéologies dans un but de justification et de préservation du statu quo. Dans cette perspective, la question de recherche ici posée est celle du rôle des blogs tenus par des femmes qui sont mères (« blogs maman ») dans les processus de justification et de maintien des inégalités de genre dans la sphère domestique et parentale, via la propagation de l’idéologie du maternage intensif. L’examen de cette question nouvelle requiert une pluralité d’approches théoriques et de méthodes offertes par la psychologie sociale et les SIC. En outre, l’idéologie du maternage intensif en posant comme modèle de la “bonne” maternité le dévouement à la fois chronophage et dispendieux de la mère à son enfant, participe à l’essentialisation des rôles parentaux comme de genre, et à l’instauration d’une démarcation de classe, justifiant dès lors une approche intersectionnelle.

La réalisation de ce projet impliquera notamment le repérage des injonctions normatives faites aux mères en lien avec le maternage intensif par l’étude des productions discursives issues d’un corpus de « blogs maman »; l’évaluation, par la méthode expérimentale, des conséquences des injonctions normatives en lien avec le maternage intensif sur les attitudes et comportements intergroupes, en particulier la justification de l’inégale répartition du travail parental entre femmes et hommes ou encore les attitudes négatives à l’égard des femmes contre-normatives (e.g., mères issues de classes populaires).

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