Le 26 mars 2026, nous aurons le grand plaisir d’accueillir Stéphanie Pache, professeure de sociologie, Université du Québec Montréal (Uqam), visiting scholars à Sciences Po accueillie au CSO (financement IDEX Université Paris Cité). Elle nous proposera une intervention intitulée :
« Microagression : circulations scientifiques et usages politiques des catégories psy* »
Horaires : 10H-13H
Séminaire Genre et perspectives pluridisciplinaires (Master Genre, Changement social & politique)
Université Paris Cité
Campus des Grands Moulins
Bât. Halles aux farines – salle 375 F
Entrée libre sur inscription : claire.cossee@u-paris.fr
Résumé :
En prenant le concept de microagression pour cas d’étude, nous examinerons la production et à la circulation de catégories issues des disciplines du psychisme (psychologie, psychiatrie, psychanalyse), ainsi qu’à leurs appropriations politiques. Une approche généalogique de la notion de microagression nous permet de montrer l’importance du travail de contextualisation historique pour saisir les traductions disciplinaires et politiques dont cette notion a fait l’objet.
Si le terme « microagression » est aujourd’hui largement utilisé, non seulement par les psychologues, mais aussi par le grand public et les institutions, on sait peu de choses sur ses origines et sur le contexte culturel, politique et scientifique qui a poussé Chester Middlebrook Pierce (1927-2016) à le créer dans son texte « Offensive Mechanisms » publié en 1969. Le fait que Pierce ait créé ce terme n’est pas contesté, mais la popularité de cette notion ne peut s’expliquer par un récit linéaire. Bien que Pierce occupât une position influente en tant que professeur à l’université d’Harvard et directeur d’un service clinique au Massachusetts General Hospital, sa conceptualisation de la microagression appartient à ce qui est aujourd’hui considéré comme une approche « dépassée » en psychiatrie américaine : la psychodynamique des groupes. Que nous apprend cette histoire sur son point de vue et sur les circonstances qui ont permis à l’idée de microagression de prendre tout son sens et d’être diffusée comme une notion utile et valable ?
Cette étude de cas contribue aussi à l’examen de la manière dont les disciplines psychologiques se sont emparées de questions politiques telles que l’oppression sexiste et raciste. Les mouvements féministes entretiennent des rapports ambivalents avec la psychologie et les psys: elles ont dénoncé le sexisme de leurs théories et de leurs pratiques, tout en mobilisant certains de leurs outils et concepts qui soutiennent une politisation de l’expérience, comme la notion de trauma. Nous proposons de discuter ces ambivalences en regard de la généalogie de microagression et dans le cadre d’une interrogation épistémologique et politique des enjeux de la psychologisation des rapports sociaux.
Prochain RDV du séminaire : 2 avril 2026 – hybride : Bat. O de Gouges, salle 628 et Intervenante en visio
Clara Guimarães Santiago, docteure en philosophie politique, LCSP-UPC : « Le corps féminin : les pratiques de résistance politique »

