Histoire de la CDG
2012-2015 : Avant la Cité du Genre…
Le projet de la Cité du Genre émerge dans un contexte de profonde restructuration de l’enseignement supérieur et de la recherche, marqué par une forte volonté étatique de promouvoir l’excellence académique. Face à ce qui est considéré comme l’émiettement territorial des institutions universitaires, les pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) sont alors créés afin de faciliter la coopération interuniversitaire et coordonner des financements de recherche.
Parallèlement, un fort engouement pour le genre et l’interdisciplinarité voit le jour dans le paysage universitaire français, et particulièrement parisien. Dès 2011, le CNRS Sciences humaines et sociales fait du genre l’une de ses priorités et ouvre, en 2015, une première unité mixte de recherche dédiée à ces questions. Dans le même temps, l’Institut Émilie du Châtelet, soutenu par la Région Île-de-France, poursuit son développement : après avoir labellisé les problématiques de genre comme « Domaine d’Intérêt Majeur » (DIM), le Conseil régional charge l’institut de lancer un « appel à manifestations scientifiques » consacré à ces thématiques. Entre 2011 et 2014, les financements régionaux attribués au pôle « Genre – Inégalités – Discriminations » (GID) passent ainsi de 0,9 à près de 8 millions d’euros, soit près de 20 % des crédits de recherche votés par la Région. Ce dynamisme intellectuel s’appuie également sur l’action des chargé·e·s de mission égalité, qui contribuent alors à diffuser et structurer les recherches sur le genre au sein des universités.
C’est dans ce contexte institutionnel en ébullition que Gabrielle Houbre, chercheuse de l’Université Paris 7, lance en 2012 l’idée d’un projet de recherche interdisciplinaire consacré au genre. Son ambition est double : fédérer des chercheur·se·s issu·e·s de différents établissements et disciplines tout en donnant plus de visibilité à ce qui se fait dans la recherche et l’enseignement. Autour d’elle se constitue alors un premier noyau de travail composé de Rebecca Rogers (chargée de mission égalité, P5), Myriam Boussahba-Bravard (P5), Catherine Bernard (P7) et Hélène Périvier (Sciences Po). Pour la plupart, Gabrielle Houbre les connaît déjà, ce qui facilite la mise en place de cette collaboration naissante.
Dès ses débuts, le projet se construit comme un espace de coopération interuniversitaire et pluridisciplinaire. Il est déposé auprès de l’Action structurante PluriGenre, qui lance cette même année un appel destiné à soutenir les recherches pluridisciplinaires. Ce soutien permet l’organisation d’activités scientifiques (séminaires, conférences, journées d’étude), ainsi que la publication de travaux de recherche. Il contribue notamment à la tenue du colloque Les femmes dans les expositions internationales et universelles (1878-1937). Actrices et objets des savoirs, organisé par Rebecca Rogers et Myriam Boussahba-Bravard à l’IEA de Paris les 23 et 24 octobre 2014. Ce premier réseau de recherche constitue les prémices de ce qui deviendra, quelques années plus tard, la Cité du Genre.
En 2013, les communautés d’universités et établissements (ComUE) succèdent aux PRES et ouvrent une nouvelle étape dans la structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ces regroupements permettent aux universités fédérées de passer du statut d’établissements publics de coopération scientifique à celui d’établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel. Devenues des institutions à part entière, les ComUE peuvent désormais délivrer des diplômes et bénéficier d’une dotation budgétaire propre. La ComUE Sorbonne Paris Cité réunit alors plusieurs établissements majeurs : Paris-Diderot, Paris-Descartes, la Sorbonne-Nouvelle, l’École des hautes études en santé publique, Paris 13, Sciences Po, l’Inalco, ainsi que la Fondation Maison des sciences de l’homme. En tant qu’institution, la ComUE lance ses propres appels à projets, contribuant directement au financement de plusieurs initiatives portées par les cinq chercheuses.
Dans ce contexte particulièrement propice aux recherches pluridisciplinaires et interuniversitaires, les cinq chercheuses créent le réseau de recherche Flora Tristan, qui constitue l’ancêtre de l’annuaire aujourd’hui accessible sur le site de la Cité du Genre. L’objectif est alors de recenser et fédérer tous·tes les chercheur·se·s travaillant sur les questions de genre et de créer une communauté scientifique voulant promouvoir ces thématiques dans le monde universitaire. Dès l’origine, le réseau revendique une forte pluridisciplinarité. Les fondatrices cherchent notamment à ouvrir les études de genre aux sciences dites « dures », en particulier par le biais de la santé, encore peu représentées dans ce champ. À ce stade, ce sont surtout des objets d’étude communs qui se dessinent, plus que des communautés interdisciplinaires, les spécialistes du genre restant encore relativement peu nombreux·ses dans les sciences dures.
2015-2019 : Fondation et structuration de la Cité du Genre
Lancée en septembre 2015, la Cité du Genre est pensée comme une structure souple rassemblant les établissements de l’USPC. Le comité de pilotage (équivalent CA) est composé de chercheuses représentant P3, P5, P7, P13 et Sciences Po : Gabrielle Houbre (coordinatrice ICT, P7, Histoire), Hélène Périvier (LIEPP, Sciences Po, Économie), Rebecca Rogers (P5, CERLIS, Sciences de l’éducation), Isabelle Alfandary (P3, PRISMES, Études anglophones), Claire Blandin (P13, Sciences de la communication). Durant les premières années, la coordination du comité repose sur un principe de rotation annuelle. Se succèdent ainsi l’année du lancement, Gabrielle Houbre, Rebecca Rogers et Hélène Périvier la deuxième année, Isabelle Alfandary et Gabrielle Houbre en 2017-2018, puis Rebecca Rogers en 2018-2019.
En 2016, le comité met également en place un conseil scientifique et pédagogique (équivalent CAc). Ce dernier regroupe alors une trentaine d’enseignant·e·s-chercheur·se·s et de chercheur·se·s issu·e·s de l’ensemble des disciplines, aussi bien en lettres et sciences humaines et sociales que dans le secteur de la santé, notamment à travers la participation de l’EHESP. Les différentes équipes (ARS, centres, axes de laboratoires ou réseaux) spécialisées dans les problématiques de genre y sont toutes représentées.
Présentée comme une réalisation interdisciplinaire originale et innovante, la Cité du Genre affiche trois ambitions fondamentales : fédérer et développer la recherche et la formation en études de genre ; renforcer, par ses compétences d’expertise, les liens avec le milieu socio-économique ; promouvoir des partenariats internationaux ciblés. Ces objectifs apparaissent d’autant plus importants dans un contexte socio-politique traversé par des débats récurrents liés aux études de genre, comme en témoignent les controverses autour des violences sexuelles ou de l’écriture inclusive. Le projet se décline pour cela en quatre volets interactifs : recherche, formation, valorisation et relations internationales. Entre 2015 et 2017, la Cité du Genre bénéficie du soutien financier du Pôle Sciences sociales (total de 20 000 €) et du Pôle Hall en 2016-2017 (15 000 €).
En 2017-2018, P3 et Sciences Po se retirent de la ComUE. Les chercheur·se·s rattaché·e·s à ces établissements conservent néanmoins leur place au sein de la Cité du Genre, bien qu’avec un statut particulier.
Progressivement, la Cité du Genre gagne en visibilité et en reconnaissance institutionnelle, notamment grâce au travail de représentation mené par ses coordinatrices. Celles-ci organisent des rencontres avec les directions d’établissements et participent à des déplacements internationaux, notamment à São Paulo. Cette reconnaissance croissante permet à la structure de s’imposer comme un acteur important du financement de la recherche, mais également du soutien à l’enseignement.
2020-2024 : Initiative d’excellence Idex

Le programme Initiatives d’excellence (IDEX) s’inscrit dans le cadre des « investissements d’avenir », vaste programme d’investissement lancé par l’État français afin de créer des ensembles pluridisciplinaires d’enseignement supérieur et de recherche capables de rivaliser à l’échelle internationale.
Grâce à l’engagement de Gabrielle Houbre (CERILAC, UPC) et Rebecca Rogers (CERLIS, UPC), qui portent conjointement le projet, la Cité du Genre obtient le label IDEX pour les périodes 2020-2022 puis 2022-2024. Cette reconnaissance permet à la structure de développer ses activités à une plus grande échelle. Les mandats de coordination sont étendus à deux ans et de nouveaux·elles salarié·e·s rejoignent l’équipe. La Cité du Genre coordonne alors l’ensemble des équipes, axes de laboratoires et réseaux déjà structurés autour des questions de genre et est ouverte à l’ensemble des enseignant⋅e⋅s-chercheur⋅e⋅s, post-doctorant⋅e⋅s et doctorant⋅e⋅s intéressé⋅e⋅s par les problématiques de genre.
Conception innovante et ambitieuse, la Cité du Genre continue de s’organiser autour de quatre volets : recherche, formation, relations internationales, valorisation et lien avec l’environnement social. Elle reste résolument interdisciplinaire dans les secteurs des lettres et sciences humaines et sociales, de la santé et des sciences.
Elle développe son programme scientifique à partir de quatre axes :
- Entre privé et public : violences, (in)égalités professionnelles et discriminations
- Corps, sexe, sexualité, bioéthique, santé
- Images, discours, représentations : femmes/hommes, féminin/masculin
- Epistémologies du genre, sociétés de connaissance et politique
2020-2024 : Initiative Interdisciplinaire d’excellence InIdEx
Le 23 juin 2025 marque le lancement officiel des projets interdisciplinaires d’excellence (inIdEx) à l’Université Paris Cité. Financés par les fonds IdEx pour une durée de six ans, ces projets scientifiques de pointe, structurants pour l’université, allient des activités de recherche, de formation, d’innovation, de transfert et d’ouverture à la société. Portés par une ambition scientifique de haut niveau, les inIdEx illustrent l’omnidisciplinarité de l’établissement.
Dans le cadre de cette nouvelle programmation, l’Université Paris Cité lance, en mars 2024, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) intitulé « Initiatives IdEx » (inIdEx). Les projets portent sur des thématiques liées aux sciences sociales, à la santé ou aux sciences, promouvant ainsi l’omnidisciplinarité revendiquée par l’Université Paris Cité.
La Cité du Genre répond à cet appel et parvient à obtenir le statut d’inIdEx. Le 1er janvier 2025, l’inIdEx Cité du Genre succède ainsi à l’initiative d’excellence IdEx CDG. Le projet s’inscrit désormais dans le programme IdEx de l’Université Paris Cité (France 2030, ANR-18-IDEX-0001).
Anciens projets
2021-2025 : Chaire « Genre et prévention en santé », co-portée par la Cité du Genre et l’ECEVE.
Joëlle KIVITS est élue sur cette chaire depuis septembre 2021.
Présentation
Joëlle Kivits est enseignante-chercheure en sociologie de la santé et en santé publique. Ses domaines de recherche sont les interventions de prévention s’appuyant sur des stratégies éducatives englobant les dispositifs éducationnels en santé tels l’éducation pour la santé et l’éducation thérapeutique. Titulaire de la Chaire « Genre et prévention en santé », membre du CSP de la Cité du Genre et membre de l’unité de recherche ECEVE depuis septembre 2021, elle place désormais au cœur de ses travaux le genre, et plus particulièrement l’exploration du rôle du genre dans les mécanismes de (re)production des inégalités sociales de santé ainsi que l’intégration d’une approche par le genre dans les recherches interventionnelles en prévention.
Elle est par ailleurs responsable d’un nouvel enseignement, le premier entièrement consacré au genre et à la santé, ouvert aux étudiantes en formation médicale, de santé publique, ainsi que de sciences sociales appliquées à la santé.
Dotée d’une subvention de 4 ans, la Chaire accueillera, en codirection avec des collègues de Sociétés et Humanités, 2 doctorantes et 2 postdoctorantes afin de promouvoir des thèmes innovants de recherche faisant du genre un axe de questionnement incontournable des interventions de santé en général, de prévention en particulier.
CV Joëlle Kivits 1 page septembre 2021
Ecole d’été BruLau, édition Cité du Genre 2024
Du 10 au 13 juin 2024, La Cité du Genre, en filiation du BruLau, a organisé sa première école d’été sur le site de la Station d’Ecologie Forestière d’Université Paris Cité, à Fontainebleau. Retour sur cette expérience riche en échanges interdisciplinaires, qui a réuni chercheur·e·s et doctorant·e·s autour des enjeux contemporains des études de genre, dans un cadre propice à la formation et aux échanges scientifiques.
Laboratoire junior
Les équipes juniors visent à faire découvrir la recherche à des doctorant⋅e⋅s ou à des jeunes chercheur⋅e⋅s (moins de 5 ans après la soutenance de thèse) via un « apprentissage pratique » de celle-ci. Les laboratoires sont financés sur les fonds des Pôles de USPC dans l’objectif de faire travailler ensemble les jeunes chercheur⋅e⋅s intéressé⋅e⋅s par la catégorie d’analyse du genre.
AàP 2021-2022
Coordonné par Zoé Yadan (UP, CERLIS), Marine Quennehen (EHESS, CRESPPA), Inès Anrich (Paris 1, CRHXIX), Alix Sponton (Sciences Po, OSC) et Margot Lenouvel (Sorbonne Université, GEMAS), le laboratoire Parentalités plurielles et genre (également appelé le Réseau d’études pluridisciplinaires sur les paternités et les maternités) met à l’honneur les nouveaux enjeux se posant dans l’étude de la parentalité dans sa pluralité, au regard du genre et dans des contextes variés, en favorisant les dialogues entre chercheur·es et la visibilité de leurs travaux sur ces thèmes. Trois axes principaux structurent nos ambitions théoriques et empiriques : Le premier interroge la définition de la parentalité, le deuxième la parentalité dans des contextes de vulnérabilité et de mise à l’épreuve, et le dernier porte plus précisément sur la place du genre, au regard de l’âge et selon les contextes géographiques et culturels. Depuis 2016 des séminaires de recherche ouverts sont organisés et permettent aux chercheur·es de se rencontrer et de discuter des travaux pluridisciplinaires portant sur la parentalité. Plusieurs évènements ont été organisés depuis l’obtention du statut de laboratoire jeunes chercheur·es : un colloque en février 2020, une journée d’étude en avril 2021, la publication d’un numéro thématique et sa valorisation au cours d’un séminaire. Nous tenons à jour un blog pour relayer les activités de notre réseau.
Financements au fil de l’eau 2021
Le Réseau francophone de recherche sur l’intersexuation (RéFRI) a pour objet de favoriser la recherche francophone sur les réalités intersexes et des personnes présentant des variations du développement sexuel. Il cherche à développer les recherches dans tous les champs universitaires et favorise l’interdisciplinarité. Créé à l’initiative de personnes intersexes impliquées dans la recherche universitaire, il valorise également les expertises hors milieu académique. Il encourage la valorisation des travaux et l’entraide entre personnes impliquées dans la recherche sur l’intersexuation. Il développe des événements et des publications autour de ces thématiques, dans une perspective de droits humains telle que définie par les conventions internationales
Financements 2017
Un premier appel à projet a été lancé au printemps 2017 ; les projets suivants ont été soutenus :
Un deuxième appel à projet pour des équipes junior a été lancé au printemps 2019. Ont été soutenus :
- Contraception et genre (renouvellement)
- Parentalités plurielles et genre (création)
